Décès de Gilbert Hottois

C’est avec tristesse que nous apprenons le décès, le 16 mars dernier, de Gilbert Hottois, professeur à l’Université libre de Bruxelles et philosophe spécialiste des questions d’éthique de la technoscience. Membre de plusieurs comités d’éthique, le professeur Hottois était bien connu dans le monde de l’éthique autant clinique que de la recherche.

Collaborateur avec de nombreux chercheurs et professeurs québécois, il a publié une trentaine de livres, dont « Dignité et diversité des hommes » et la fameuse « Nouvelle Encyclopédie de Bioéthique ». Il fut parmi les plus importants penseurs francophones en philosophie de la technique, de la biomédecine et du transhumanisme.

Sous l’invitation de la présidente du Comité d’éthique de Transplant Québec, Marcelle Monette, du Comité d’éthique de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et l’Association québécoise en éthique clinique, Gilbert Hottois a participé à une série de conférences sous le thème du transhumanisme en mars 2014.

Nous adressons toutes nos condoléances à la famille et aux proche de ce grand homme qui nous manquera énormément.

Paule Savignac, Présidente AQÉC

Une réponse sur “Décès de Gilbert Hottois”

  1. Le préfixe trans vient du latin et signifie « à travers », « passer outre »comme dans transgresser » C’est « être au-delà ». Le trans du transhumanisme selon l’auteur peut se percevoir dans deux sens,d’abord sur le prisme de « à travers », et de l’autre comme « au-delà » pour mieux comprendre cela il faut dire que Njoh Mouellé, présente le transhumanisme comme le fait de vouloir aller au-delà,le fait de muter, de changer le fond et la forme. « Parler du transhumanisme suggère en premier lieu l’idée d’une sorte de traversée qui nous situe à l’intérieur de la réalité ou de l’espace de traversés » Bref l’auteur deTranshumanisme, marchands de science et avenir de l’hommel’assimile au trans-sibérien ou aux réalités trans-alpines . Le transhumanisme se présente comme un mouvement philosophique de transition vers un stade postérieur d’évolution de l’espèce humaine
    Max More, qui est l’un des philosophes les plus représentatifs du mouvement transhumaniste, définit ce courant comme « à la fois une philosophie fondée sur la raison et un mouvement culturel qui affirme la possibilité et la désirabilité de l’amélioration fondamentale de la condition humaine au moyen de la science et de la technologie » .On peut de cette définition qui précède un récupération ou exhumation de l’humanisme traditionnel afin de lui adjoindre les techniques d’amélioration des capacités physiques et cognitives dans le but de dépasser les limites qui peuvent être d’ordre naturelles, biologiques et d’adaptation perpétuelle au monde. Il est focalisé sur l’amélioration technoscientifique des capacités humaines. Le transhumanisme se présente comme un mouvement philosophique de transition vers un stade postérieur d’évolution de l’espècehumaine, délibérémentpoursuivi. Sousune forme plus explicite et détaillée nous pouvons dire que le transhumanisme est :
    La possibilité et la désirabilité d’améliorer fondamentalement la condition humaine accessible par les technosciences permettant d’éliminer le vieillissement, d’améliorer grandement les capacités humaines intellectuelles, physique et psychologiques. Il peut également se traduire dans un autre sillage, celui qui consiste aux promesses et dangers potentiels des technologies qui vont bientôt nous rendre capables de surmonter des limitations humaines jadis considérées comme incurables., c’est une manière de de penser le futur de notre humanité. Cette analyse soulève également des questions éthiques qui impliquées par le développement et l’usage des nouvelles technologies. C’est peut- être dans ce sens que Francis Fukuyama a caractérisé le transhumanisme comme l’idée la plus dangereuse de l’histoire de l’humanité.Quant à Gilbert HOTTOIS :
    Le transhumanisme prolonge les idéaux et valeurs des Lumières modernes et veut appliquer les technologies matérielles aux individus afin de les améliorer en ce sens. Mais, comme ces valeurs incluent la liber-té individuelle, la tolérance, le pluralisme, la diversité, le transhumanisme comporte une tentation postmoderniste qui rompt avec l’universalisme. En outre, il se divise entre son aile libérale-libertaire et son aile socialisante.
    On peut comprendre de façon ramassé que : le transhumanisme est mouvement philosophique et culturel soucieux de promouvoir des modalités responsables d’utilisation des technologies en vue d’améliorer les capacités humaines et d’accroitre l’étendue de l’épanouissement humain. .Le transhumanisme prolonge les idéaux et valeurs des Lumières modernes et veut appliquer les technologies matérielles aux individus afin de les améliorer en ce sens. Mais, comme ces valeurs incluent la liberté individuelle, la tolérance, le pluralisme, la diversité, le transhumanisme comporte une tentation postmoderniste qui rompt avec l’universalisme. En outre, il se divise entre son aile libérale-libertaire et son aile socialisante.
    Derrière le transhumanisme se cache une tendance plus extrême,le posthumanisme, l’homme par hybridation avec des circuits électroniques et doté de l’IA. Et ce posthumain pourrait sonner le glas à l’humanité .C’est ce qui a poussé Jean-Michel Besnier a posé peut la question de savoir :si le futur aura-t-il encore besoin de nous ?
    Le projet transhumaniste de fusion de la technologie et de la vie devrait se déployer en trois étapes
    Les nouvelles technologies commencent par intégrer la vie grâce aux prothèses médicales et la bio-ingénierie, notons que dans cet aspect nous y sommes déjà, nous pouvons citer par exemple des techniques de procréation ou de reproduction. Puis le projet en question nous fait comprendre que la technologie va permettre de créer la vie artificielle. C’est le grand projet de Craig VENTER , a osé lever le tabou suprême ; il fait partie des « playing God men »(Venter). La démonstration que la vie peut être produite en éprouvette conduit à des débats passionnés sur les limites du pouvoir de l’Homme. Des groupes religieux se sont ému qu’un chercheur se croie autorisé à « imiter Dieu ». La domestication de la vie est l’objectif central des « transhumanistes » qui soutiennent l’augmentation de nos capacités. Malgré les différentes oppositions contre la création artificielle de la vie, il faut voir comme le précise Laurent Alexandre, les transhumanistes ont déjà gagné la bataille de l’expertise et de l’influence. L’entrisme des transhumanistes est impressionnant. Et en fin, l’âge de l’Intelligence Artificielle forte ou la technologie remplacer la vie,avec la montée en puissance des GAFA ,l’embryon d’intelligence artificielle, prouve que cette étape n’est plus loin, celle de changer l’humain.

    Le posthumanisme se présente d’après HOTTOIS comme une critique la Modernité et du transhumanisme qui le prolonge. Le posthumanisme est donc postmoderne. Cependant, il accorde une attentionparticulière et une valeur très inégale aux technosciences comme sources opératoires de la diversification future de l’humanité . Le posthumain postmoderne est tantôt pensé comme diversité essentiellement symbolique, culturelle, sociale, tantôt comme expérimentalisme technoscientifique à tendance ludique, esthétique.

    «certains, de plus en plus nombreux annoncent le relèvement de l’humanité moderne par des êtres d’un genre nouveau, “héritiers des cyborgs”, permettant ainsi d’en finir avec les finitudes les plus élémentaires: naissance, maladie et mort » . Les ouvrages de Sussan et Besnier, sans être de science-fiction, prennent au sérieux le développement des sciences contemporaines, y compris dans leurs aspects incontrôlables ou volontairement immaîtrisables. «Le livre interroge la diffusion des idées, des comportements, des fantasmes qui conspirent de plus en plus à rendre plausible, et même désirable, l’avènement d’une posthumanité.» Aujourd’hui des scientifiques et des ingénieurs contribuent eux-mêmes à diffuser des façons de penser l’humanité et son avenir, qui auraient été confinées aux seuls ouvrages de sciences-fictions, il y a peu de temps encore. «Prendre au sérieux la pensée du post-humanisme», pour Jean-Michel Besnier c’est aussi accepter qu’on ne puisse revenir en arrière et par conséquent que l’épistémologie et l’éthique doivent composer une réflexion adaptée à cette humanité élargie

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